MICHEL BERGER REVE EN ANGLAIS *

Il pense gagner les Etats-Unis avec "La Légende de Jimmy" et prépare un film.

 

Tout en lui respire le calme. Et pourtant, sous une apparente décontraction, on devine l'artiste qui doute et l'homme soucieux de perfection. Michel Berger cultive ainsi l'effacement comme pour mieux se réfugier en lui-même et pratiquer en paix la remise en question permanente.

Abonné au doute, il se réjouit néanmoins de voir "La Légende de Jimmy" voler aujourd'hui de ses propres ailes et s'offrir désormais des horizons pour le moins dégagés. Avec Luc Plamondon, son complice de "Starmania", et Jérôme Savary, qui donne son coup de griffe à la mise en scène, Berger s'autorise enfin à ne plus trembler pour son nouveau spectacle.

"C'était la première fois que je travaillais avec des gens de théâtre. Si Savary n'était pas intervenu, je pense que je l'aurais bien sûr monté différemment, mais j'avais peur de me répéter et de lui donner inconsciemment le même goût que "Starmania". J'avais besoin de ce mélange d'univers pour ne pas tourner en rond."

Programmée initialement jusqu'au 31 décembre, "La Légende de Jimmy" (dont l'album sortira bientôt) promet déjà de prolonger son séjour au théâtre Mogador, avant de s'envoler pour le Canada.

"Une étape logique. L'auteur est québécois : nous devons bien ça à nos "cousins". Nous passerons, je pense, par Québec, Montréal et Ottawa."

 

ETATS UNIS. En attendant, Michel Berger se démène sur un triple front, avec l'énergie tranquille du bâtisseur opérant aussi discrètement que sûrement. D'abord, sur l'adaptation anglaise de "Starmania", dont il vient de terminer l'album entièrement réécrit et réorchestré, en vue d'un démarrage à Londres, en septembre 1991. Ensuite, sur l'avenir pas si éloigné de sa "Légende", qu'il compte bien faire connaître au Canada anglophone.

"James Dean est un sujet qui les touche autant bien sûr que les franconphones. Et puis, le Canada anglais est un intermédiaire idéal pour s'attaquer ensuite aux Etats-Unis."

Enfin, sur la promotion de l'album sorti cet été, qui nous a d'ores et déjà fait découvrir "Ca ne tient pas debout" et "Paradis blanc".

"J'étais très attaché à ce dernier titre, et pourtant je ne pensais pas qu'il ferait une telle percée au point de devenir "Le" titre-phare. C'est la deuxième fois que je suis étonné de l'impact d'une chanson. Cela m'était déjà arrivé avec "Tennessee", que j'avais écrite pour Johnny. Je ne soupçonnais pas le moins du monde le succès qui l'attendait".

Conscient de l'avoir quelque peu "délaissé" à sa sortie, Berger accorde volontiers aujourd'hui le temps qu'il n'a pas pu consacrer à son album... pour cause de spectacle à lancer.

"Jimmy m'a beaucoup pris ces derniers mois, alors je me rattrape !"

 

SILENCE. Un planning chargé qui ne l'empêche pas de faire avancer - toujours en secret - un autre projet qui lui tient tout autant à coeur : voilà six mois, en effet, qu'il travaille à l'adaptation (anglaise) du film qu'il voudrait tourner depuis longtemps. Mais outre le fait que son "oeuvre" ne sera pas autobiographique ("Je ne vous raconterai pas ma jeunesse au piano, rassurez-vous !"), le futur réalisateur n'en dira pas plus. Car chez Berger, c'est en silence que les rêves deviennent réalité.

 

Sylvie MAQUELLE

* France Soir, 16 novembre 1990

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