Luc Plamondon est le parolier de "La Légende de Jimmy" à Mogador
"LES JEUNES S'IDENTIFIENT A JAMES DEAN"*
"Il y a une similitude entre la jeunesse des années soixante et celle des années quatre-vingts".
Les ex-fans des sixties ont tous craqué sur sa petite gueule d'amour. A Mogador, les jeunes fans des nineties qui ont tout chapardé au look du héros de "La fureur de vivre" n'ont pas fini de rêver !
Mieux que l'histoire de James Dean, "La Légende de Jimmy", à travers l'idylle d'une jeune groupie (Diane Tell) et son desperado de petit ami (Renaud Hantson), ainsi que deux personnages clés, le clergyman (Tom Novembre) et la diva (Nanette Workman), vous apprendra tout ce que vous ignoriez encore et que vous mouriez d'envie de savoir.
FAUX "LOOSER". Mais oui, mais oui ! Auriez-vous imaginé, par exemple, que cet ange déchu était en réalité un faux looser qui voulait être premier dans tout ce qu'il entreprenait ?
"Mon prochain film s'appelera El Matador", avait juré ce passionné de corridas, avant d'entrer intact dans la légende en s'écrasant à 180 km/heure dans sa Porsche toute neuve. C'était en 1955 !
TANDEM DE CHOC. Les ambitieux protagonistes de ce spectacle musical : le tandem de choc de "Starmania", Michel Berger (musiques) / Luc Plamondon (paroles) et le plus fou-furieux de nos metteurs en scène, Jérôme Savary.
Drame ! Quatre hommes autour d'un héros, qui n'avait pas chaussé les pantoufles ! Mais laissons la parole au parolier, Luc Plamondon.
"Dean n'était pas un vieux fantasme. Après "Starmania", Michel (Berger) et moi avions envie d'une création autour d'un personnage qui a existé. Mais quelqu'un auquel la jeunesse puisse s'identifier. C'était la force de "Starmania".
UNIVERS POETIQUE. Et tout naturellement, Jimmy est arrivé !
"J'ai été très touché par sa bio. J'ai découvert des similitudes avec mon enfance. Sa mère avait développé chez lui un univers très poétique. Quand elle meurt brutalement, à trente ans, il n'en a que neuf. Ses grands-parents lui passent tous ses caprices et ne réussissent pas à combler le manque. Il se prend d'amitié pour le pasteur du village qui lui donne le goût de courses automobiles, des corridas, du basket-ball. D'où les paroles d'une chanson, "Je voudrais faire de toi "un winner" en jouant sur ta gueule de looser".
"Il faut connaître le fond de l'histoire. Il ne suffit pas, quand on veut s'identifier à une idole, d'en singer les allures. Lorsque les deux jeunes gens de l'histoire, qui se passe aujourd'hui, se retrouvent sur la tombe de James Dean, ils ont eu le coup de foudre l'un pour l'autre parce qu'ils se voient comme des héros de "A l'est d'Eden".
VERS LA VIE. "Heureusement, cela évolue". "Aime-moi pour qui je suis" est une chanson qui résume un peu la morale de l'histoire : au fur et à mesure qu'on avance vers la mort de James Dean, les personnages, eux vont vers la vie et l'amour".
"La mise en scène ? L'intention n'est pas de faire du rétro. Même s'il y a similitude entre la jeunesse des sixties et celle des eighties. Dean était un pur produit de la "beat generation", celle humiliée de n'avoir pu faire la guerre. Aujourd'hui, après la jeunesse pilule et "peace and love", on revit l'époque de la fulgurance, du succès éphémère et de "l'amour qui tue", autre chanson que j'avais très envie d'écrire."
Pour ces grandes émotions, on sait aussi que Michel Berger (en casting à New York pour le "Starmania" de Londres) s'est déchaîné dans un lyrisme, qui confine presque au classicisme ! Et qu'avec la troupe de danseurs-chanteurs-figurants, ils seront 21 personnes sur scène.
Monique PREVOT
* France Soir, 21 septembre 1990
"Historique" / Accueil