Outre l'allusion sous-jacente au mythe de Faust, cette chanson évoque les départs successifs de James Dean vers de nouveaux horizons. Ses parents ont habité plusieurs logements. A la mort de sa mère, il a rejoint ses grands-parents dans l'Indiana. Il s'est ensuite rendu à Los Angeles puis à New York afin de lancer sa carrière.
"Toujours partir pour satisfaire quels désirs d'enfer"
Cette phrase n'est malheureusement pas une simple fiction. Dans les années qui ont suivi la disparition de James Dean, des jeunes gens sont morts en reproduisant la course-poursuite de "La fureur de vivre" ou en se suicidant le jour anniversaire de sa mort.
"Je voudrais mourir comme lui / Avant d'avoir gâché ma vie" / A trop vouloir vivre comme lui"
Jimmy n'avait rien de particulier par rapport aux autres jeunes de son âge. C'est ce qui a certainement permis à tant de fans du monde entier de se reconnaître en lui.
"Qui aurait dit qu'il détrônerait dans le coeur des humains
Tous les saints de la Terre, tous les anges de l'Enfer"
Dès sa jeunesse, Jimmy voulait être reconnu. Le sport, notamment le basket, était un moyen pour lui de se mettre en valeur malgré un gabarit moyen (1,72 m). Sa souplesse et sa ténacité faisaient partie de ses atouts.
"Il fallait bien qu'il se batte pour se sortir de là"
Très tôt, James a été attiré par le monde du spectacle et de l'imaginaire. Sa mère l'avait initié à la musique, aux contes, à des histoires mises en scène. Cette éducation a très probablement influencé son choix de vie.
"Ecran lumineux, magique lanterne
Qui fabrique les dieux des temps modernes"
On retrouve évidemment les thème du rebelle et du mal de vivre qui collent tant à Jimmy Dean, depuis "A l'est d'Eden" et "La fureur de vivre". On y évoque aussi la moto, passion de James Dean avec l'automobile.
"Peur de ce mal de vivre que tu cachais en toi"
Les débuts difficiles de James Dean à Hollywood. Pendant les premières années, Jimmy a dû batailler pour obtenir des petits cachets dans des spots publicitaires ou dans des soaps operas. Il n'aura d'ailleurs pas eu le temps de connaître vraiment la portée de son succès, le film "La fureur de vivre" , par exemple, étant sorti après sa mort.
"Terminal de tous les espoirs, capitale de tous les déboires"
La carrière de James a été brève et c'est entre 1951 et 1955 qu'il a connu à la fois des moments difficiles et le succès. Variation du mythe de Faust sur le thème des cinq années "vendues" au diable.
"Cinq années pour vivre ta fureur de vivre"
Les fameux repas ou fêtes organisés au bord de piscines. Mais James Dean, impressionné par tant de luxe déployé, en a parfois trop fait auprès de ses hôtes au point de les irriter.
"On se donne on se vend pour du rêve pour du vent"
James Dean a-t-il vraiment aimé une seule fois une femme (ou un homme) ? Sa peur permanente d'être rejeté le poussait souvent à vouloir se faire détester plutôt que de connaître des désillusions ! Il déroutait régulièrement ses partenaires.
"Tu n'as dit Je t'aime qu'à toi-même"
La Groupie interprète cette chanson, indiquant au Teenager qu'elle est prête à l'aimer en l'identifiant à Jimmy. Cette chanson aurait pu être interprétée par la Diva, personnage qui dans la réalité a toujours eu du mal à oublier cet amant et recherchait son image à travers chaque nouvelle rencontre.
"Je l'aimerai à travers toi, je t'aimerai à travers lui"
1951 : sur les conseils de l'acteur James Whitmore, qu'il admire, James décide de se rendre à New York afin de lancer définitivement sa carrière. Cette ville est pleine de grandes écoles d'acteurs, de studios, de chaînes de télévision...
"L'Amérique explosait, l'Amérique implosait"
Cet acteur rebelle était capable de toutes les provocations, parfois douteuses. Tout était bon pour être différent des autres, pour attirer l'attention. On le vit par exemple à plusieurs reprises uriner en public dans des studios !
"Mon démon, je ne sais plus qui je suis, si je suis moi ou lui"
Un exemple de la passion folle qui a pu envahir de nombreux fans à la mort de l'acteur. De nombreux fans-clubs sont nés, les pélerinages sur sa tombe attirent encore de nombreux admirateurs et certains vont jusqu'à affirmer qu'il ne serait pas mort ! Défiguré à la suite de son accident, James se cacherait du monde extérieur...
"C'est pas normal d'aimer quelqu'un qu'on ne peut pas toucher"
Si cette chanson évoque les "femmes d'Hollywood dépravées", c'est plutôt du côté masculin que Jimmy a accepté des relations qui l'ont "aidé" dans sa carrière. Ses liens intimes avec Rogers Brackett, homme influent, lui ont permis d'obtenir des petits rôles.
"Femmes d'Hollywood, dans vos bras / Make me feel good dans vos draps"
L'histoire d'amour entre James et Angelica est présentée comme celle de deux étoiles montantes qui ont du mal à distinguer l'amour, le jeu, la réalité et la fiction. Les deux jeunes vedettes se sont par ailleurs rencontrées sur un plateau de cinéma alors qu'elles tournaient des films sur des plateaux voisins au cours de l'été 1954.
"Il était une fois deux enfants qui ne savaient pas
Où commençait la vie, où finissait le cinéma"
Jimmy était passionné par le monde de la corrida. De plus, il se querellait régulièrement que ce soit avec ses amis ou avec ses maîtresses (par provocation, par peur d'être abandonné ?). Ses disputes avec Pier Angeli étaient fréquentes. Et que dire de ses fameuses querelles en public avec Ursula Andress, avec qui il eut une brève histoire d'amour !
"Ton regard de madone me perdra, me tuera"
Il s'agit d'un des aspects les plus connus de l'histoire de James et de Pier Angeli : la mère de l'actrice n'aurait pas accepté sa relation avec ce jeune homme non-catholique et l'aurait poussée à se marier avec le chanteur Vic Damone. Quelle est la part de légende ? Quelle est la part de réalité ?
"Miss Pizza, ta maman ne voulait pas d'un voyou comme ça
Dans sa famiglia catolica"
Chanson hommage interprétée sur scène juste après l'accident fatal de Jimmy Dean.
"Quand viendra notre heure, garde-nous une place à ses côtés"
Chanson qui prend une connotation particulière en cette période de SIDA. Le thème de "l'amour qui tue" a d'ailleurs été interprété lors du SIDAction par France Gall.
"On meurt par hasard pour avoir un soir croisé dans la rue l'amour qui tue"
Allusion évidente au film portant le même titre. Evocation du caractère unique de la destinée de James, de la fascination qu'il exerce encore sur de nombreux admirateurs.
"Destin choisi ou destin maudit / C'était écrit que tu deviennes géant"
L'ultime chanson du spectacle. Au lever du jour, le Teenager et la Groupie, marqués par cette expérience, décident de s'aimer pour eux-mêmes et de ne plus vivre uniquement à travers leurs rêves d'adolescents. C'est aussi ce que James Dean recherchait tant : être aimé pour lui-même...
"Si tu veux que je t'aime, il faut que tu l'oublies"
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