Quelques mois avant la sortie de ses nouvelles chansons, Renaud Hantson nous fait partager ses souvenirs à propos de "La Légende de Jimmy"...
(Interview réalisée le 4 juillet 2001 - Cliquez sur les photos pour les agrandir)
Webmaster : Tout d'abord merci Renaud de te prêter au jeu de l'interview. Peux tu nous rappeler comment tu es entré dans l'aventure de "La Légende de Jimmy" ?
Renaud Hantson : Michel Berger ma parlé de son projet après " Starmania ". Il ma demandé de lui rendre service et de chanter sur les maquettes de " La légende de Jimmy ", mais je pense quil avait une idée derrière la tête en me demandant ça. Il voulait sans doute voir ce que ça donnerait avec ma voix. Jérôme Savary, de son côté, voulait apparemment faire un casting avec des sosies américains de James Dean mais Michel lui a opposé une réponse très flatteuse pour moi en lui disant qu'on pouvait toujours aller faire un casting aux Etats Unis mais qu'on ne trouverait pas mieux que ce qu'il y avait sur les maquettes.
WM : Quel(s) souvenir(s) gardes-tu de cet opéra rock ? As-tu des anecdotes à nous raconter ?
RH : Cest lun des meilleurs souvenirs de ma vie. Jétais heureux de participer à une création, entouré de personnes aussi talentueuses que Michel Berger, Luc Plamondon et Jérôme Savary. Ce spectacle est mythique, comme lest la première version de Starmania en 79. Je me suis vraiment éclaté sur scène pendant les 8 mois que cela a duré.
Une anecdote : à la dernière représentation de " La légende de Jimmy ", Michel est venu me voir après le show, quil navait pas vu depuis 2 mois, et en réaction à la façon dont je métais approprié les chansons en les interprétant dune manière bien personnelle, il ma dit " Je te remercie davoir conservé UNE note de la mélodie dorigine de Silver Screen " (rires) !
WM : Avais-tu dans le spectacle une chanson ou une scène préférée ? Laquelle et pourquoi ?
RH : Jen avais beaucoup. Jadorais lentrée en scène sur " Mourir comme lui " parce quil sagissait dattaquer immédiatement par une chanson tragique avec une grande étendue vocale. " Tonight is the night " avec Nanette Workman me plaisait également beaucoup. Une petite anecdote à propos de ce tableau : il y avait alors sur scène des mannequins et de vraies femmes qui prenaient des poses. Je circulais parmi elles et leur touchais discrètement les fesses en passant. Elles ne pouvaient rien faire car elles navaient pas le droit de bouger et nous étions tous morts de rire. Mais peut-être que la scène la plus marquante pour moi est celle de " Géant " car je regardais la Porsche détruite avec le corps de James Dean à lintérieur et je parvenais alors à me mettre dans un état nerveux tel que je pleurais tous les soirs en interprétant la chanson. Cétait une scène pleine démotion. En ce qui concerne les scènes des autres artistes, jaimais beaucoup " Eternel rebelle " quinterprétait Diane Tell, et aussi le texte de " Lamour qui tue ", dit par Tom Novembre, qui symbolise bien lensemble du spectacle.
WM : Connaissais-tu bien la vie de James Dean avant ce spectacle ? Qu'évoque-t-il pour toi ?
RH : Je connaissais les grandes lignes de lhistoire de James Dean. Je savais que cétait un mythe et je me suis toujours méfié des mythes. Cest très difficile de " rester " et je suis admiratif à légard des gens qui ont une carrière qui dure, mais en ce qui concerne James Dean on ne saura jamais ce quaurait donné la suite de sa carrière.
WM : Le Teenager et Ziggy vivent tous les deux pour une idole (Dean-Bowie). Que penses-tu d'un tel phénomène d'idolâtrie ? As-tu déjà été fan d'une personnalité ?
RH : Le terme " fan " est toujours à mettre entre guillemets. Je nai jamais été fan au point daller sur la tombe de lune de mes idoles ou de vouloir lui ressembler, mais jai été influencé par Glenn Hugues (bassiste/chanteur de Deep Purple), qui est maintenant devenu un ami grâce à une connaissance commune. Jai aussi adoré le groupe de hard rock Judas Priest et jaimais beaucoup Mickey Rourke dans ses premiers films à cause de son charisme et de sa rébellion vis-à-vis dHollywood. Je suis également très fan de Daryl Hall et John Oates, un duo de chanteurs américains. Je suis avant toute chose " fan " de musique et de cinéma.
WM : As-tu conservé des contacts avec tes partenaires de "La Légende de Jimmy" ?
RH : Non, aucun.
WM : Selon toi, pourquoi cet opéra rock n'a-t-il pas rencontré le succès espéré ? Comment l'équipe, et notamment les auteurs, a-t-elle vécu cela ?
RH : Je pense que le spectacle na pas été défendu comme il aurait dû lêtre et il a eu lieu à une mauvaise période, en pleine guerre du Golfe. " Starmania " na eu de succès que 10 ans après la première version. Il y a très peu de cas où le succès est immédiat pour ce type de spectacles. Les cas de " Notre Dame de Paris " et " Roméo et Juliette " sont à mettre à part car la promo du livret est faite depuis cent ans par Victor Hugo et William Shakespeare (rires) ! Nous navons pas du tout vécu cette expérience comme un échec car nous nous sommes régalés tous les soirs en jouant ce spectacle dont linvestissement financier devait simplement être trop élevé pour les producteurs.
WM : As-tu connu la version québécoise ou la version allemande du spectacle ?
RH : Je nai jamais entendu aucune de ces versions, ni même linterprétation de Bruno Pelletier.
WM : Un mot de conclusion ?
RH (mort de rire et imitant le ton dune pub télé) : Si vous voulez retrouver cette formidable voix que vous avez tellement aimée dans " La légende de Jimmy ", écoutez " Lise et Laure " à la rentrée et le nouvel album de Renaud Hantson. (Il redevient sérieux) Je peux juste dire que " La légende de Jimmy " reste une des meilleures périodes de ma vie musicale. Michel Berger pensait que cétait ce quil avait écrit de meilleur et cest également lavis de France Gall. Je le crois également.
(Photos : V. Petit / P. Wagner / Pascale)
Je remercie vivement Renaud et Fushia du site www.hantson.com !
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